Le silence après une dispute : pourquoi il fait parfois plus mal que la dispute elle-même?
Il y a la dispute, et il y a ce qui vient après. On a arrêté de se parler, chacun est parti de son côté, et pourtant rien n’est réglé. Souvent, l’un voudrait en reparler tout de suite pour se rassurer, pendant que l’autre a juste besoin de calme pour ne pas en rajouter. Chacun fait ce qui l’apaise, sans voir que c’est justement ça qui angoisse l’autre.
J’ai appris très tôt à lire les silences, les regards, ce qui flotte dans une pièce quand plus personne ne parle. C’est sûrement pour ça que ce moment m’intéresse autant aujourd’hui : l’après, la réconciliation, celle qu’on mon
tre si rarement, aux enfants comme à soi-même.
Le même silence ne veut pas dire la même chose pour tout le monde
Pour certains, se taire après une dispute, c’est juste une façon de redescendre. Ils ont besoin d’un moment pour se calmer, pour ne pas dire un truc qu’ils regretteraient. Ce n’est pas qu’ils vous punissent. Souvent, c’est même le contraire : ils essaient de ne pas envenimer les choses.
Mais pour quelqu’un qui a besoin de parler pour se rassurer, ce même silence se vit complètement autrement. Les minutes passent, et la tête se met à tourner : il m’en veut encore, elle s’en fiche, on ne réglera jamais rien, je ne compte pas assez pour qu’il revienne vers moi. Le silence, en soi, ne dit pas grand-chose. C’est l’histoire qu’on se raconte dessus qui fait mal.
Plus l’un se rapproche, plus l’autre a besoin d’air
C’est une boucle que je vois très souvent en séance. Celui qui s’inquiète cherche une réponse pour se rassurer. Il pose une question, revient sur le sujet un peu plus tard, suit parfois l’autre d’une pièce à l’autre. Et celui qui se sent envahi, lui, a besoin de s’éloigner. Il répond moins, il se ferme, il finit par sortir de la pièce. Sauf que ce retrait inquiète encore plus le premier, qui insiste encore un peu.
Au final, chacun se dit que l’autre lui donne raison. « Tu m’étouffes », pense l’un. « Tu me fuis », pense l’autre. Alors qu’en vrai, les deux réactions s’alimentent l’une l’autre. Il n’y a pas de méchant dans l’histoire.
Faire une pause, oui, mais sans disparaître
Avoir besoin de temps, c’est normal. Ce qui fait mal, c’est plutôt quand il n’y a plus aucun repère. Dire « là, je n’arrive plus à parler calmement, laisse-moi une demi-heure et je reviens vers toi », ça n’a rien à voir avec un silence sans durée et sans explication. Dans un cas, on fait une pause ensemble. Dans l’autre, l’autre a l’impression qu’on l’a lâché.
Et c’est vrai dans l’autre sens aussi : réclamer une discussion tout de suite, alors que l’autre n’est plus en état de réfléchir, ça ne rapproche presque jamais. Le besoin de parler et le besoin de souffler sont aussi légitimes l’un que l’autre. Tout le jeu, c’est d’arriver à les faire cohabiter.
Ce que le silence de l’autre vient toucher chez vous
Quand le silence de votre partenaire devient insupportable, ça vaut le coup de retourner un peu la question. Au lieu de vous demander seulement pourquoi il fait ça, demandez-vous ce que ce silence réveille chez vous : la peur de ne pas compter, celle que rien ne soit jamais réparé, ou celle de vous retrouver seul·e avec ce que vous ressentez.
Mettre un mot sur cette peur, ça change la façon d’en parler. « Arrête de faire la tête », ça ferme la porte. « Quand je ne sais pas si on va reparler de ce qui s’est passé, ça m’inquiète beaucoup. J’ai besoin de savoir que tu vas revenir vers moi, même si tu as besoin de temps », ça laisse à l’autre une vraie chance de vous rejoindre.
Et si c’est vous qui vous fermez ?
Le retrait protège souvent quelque chose, lui aussi : la peur de blesser, l’impression que quoi que vous disiez, ce sera mal pris, la fatigue, ou simplement le besoin de reprendre vos esprits. Le comprendre ne veut pas dire que tous les silences se valent. Mais ça permet de trouver une autre façon de prendre de la distance, sans laisser l’autre dans le vide.
Deux rythmes, un même couple
Il y a des gens qui comprennent ce qu’ils ressentent en le disant, et d’autres qui ont besoin d’y réfléchir avant de pouvoir en parler. Vouloir que l’autre fonctionne comme vous, c’est souvent beaucoup de souffrance pour rien. Parfois, une phrase toute simple suffit à faire le pont : « Je ne peux pas en parler maintenant, mais on en reparle ce soir, d’accord ? » Ça ne règle pas tout, mais ça donne un repère. Et quand on est à cran, un repère change beaucoup de choses.
Et puis il y a ce moment qu’on oublie si souvent : celui où on revient vers l’autre pour reparler de ce qui s’est passé, se comprendre un peu mieux, et se retrouver. C’est ce moment-là qui fait d’une dispute une occasion de se rapprocher, au lieu d’ajouter de la distance.

Envie d’y voir plus clair ?
Si ces silences prennent trop de place chez vous, vous n’avez pas besoin d’attendre que votre partenaire soit prêt à venir pour avancer. Je vous accompagne seul·e ou à deux, à Caen et en visio.
Le plus simple pour commencer, c’est un appel découverte gratuit de 20 minutes : on fait connaissance et on voit ensemble ce qui vous conviendrait.
A bientôt, Johanne.



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